Démystifions l’anxiété (première partie)

Selon mes estimations personnelles, thème de l’anxiété soulève probablement autant de passions (sinon plus !) que celui de la dépression, tant chez ma clientèle que dans la population générale. Et en quelque sorte, il est plutôt facile de comprendre pourquoi. Dans les prochains quelques articles de ce blogue, je vais tenter de démystifier le phénomène complexe de l’anxiété, plus précisément l’anxiété problématique (souvent dite « pathologique »), c’est-à-dire celle qu’il m’est très, très fréquemment donné de rencontrer dans ma pratique.

 

J’estime que j’aurai au moins assez de matériel pour faire un autre article, après celui-ci, mais il est également très possible que j’arrive à en rédiger deux ou trois autres. Si vous êtes intéressé(e)s par ce sujet (et que vous appréciez ma plume), n’hésitez pas à me contacter pour me suggérer des éléments. Je procéderai à la rédaction de mes articles dans les prochaines semaines.

 

Définition

 

L’anxiété est vraisemblablement la problématique pour laquelle le plus grand pourcentage de gens demande de l’aide de nature psychologique. Toutefois, il s’avère souvent que l’anxiété est un concept mal compris par monsieur-madame tout-le-monde. Plusieurs définitions existent pour décrire ce phénomène. Au niveau scientifique, ma préférée est la suivante, offerte par Raymond B. Cattell et Ivan H. Scheier (traduction libre et raccourcie pour alléger et simplifier le texte) :

 

Une expérience émotionnelle déplaisante, liée à la prévision d’un danger, qui peut être un objet ou un événement de nature précise ou vague. L’anxiété serait d’abord et avant tout un ensemble de signaux physiologiques qui induisent la mobilisation de l’organisme en vue d’affronter (ou de fuir) une menace. Elle peut être induite par des stimuli extrêmes, ayant la possibilité d’atteindre à la vie d’un sujet, ou par des stimuli d’une gravité moins intense, par exemple, l’anticipation d’une mauvaise nouvelle. De plus, l’état d’anxiété peut être temporaire ou relativement chronique.

 

L’anxiété a tendance à générer chez un individu trois formes de réactions : physiologique (augmentation de la fréquence cardiaque, étourdissements, maux de tête, maux de ventre, augmentation de la pression sanguine, sudation, respiration accélérée, tension musculaire, etc.), cognitive (inquiétudes, scénarios catastrophiques, appréhensions, anticipation du pire, inacceptation de l’incertitude, jugements sur sa propre compétence, etc.) et comportementale (évitement de la source perçue du danger, cessation des comportements en cours, réactions agressives ou défensives, demandes de réassurance, etc.).

 

Ça touche qui ?

 

Des sources fréquemment rapportées d’anxiété sont, par exemple, et de manière non-exhaustive : la maladie physique, les conflits interpersonnels, des menaces perçues à son bien-être personnel ou à celui d’individus proches, la culpabilité, l’appréhension d’événements futurs désagréables, l’incertitude et l’isolement social. Ces facteurs, de nature environnementale ou cognitive, interagissent avec des facteurs biologiques propres aux individus comme leur fonctionnement neuronal et leur bagage génétique, modulant ainsi leur susceptibilité à ressentir l’anxiété.

 

TOUT LE MONDE RESSENT DE L’ANXIÉTÉ, avec l’exception possible des psychopathes. N’embarquons pas sur ce thème ; je suggère de l’explorer ultérieurement. Même les animaux ressentent de l’anxiété ; du moins, ceux qui sont dotés d’un système nerveux central – un cerveau et une moelle épinière. Votre chien, votre chat, votre lapin ou votre perruche ressentent tous de l’anxiété, et c’est normal. L’anxiété est normale, adaptative et même souhaitable ! Sans elle, vous développeriez, par exemple, très difficilement l’habitude de fermer les ronds de poêle en finissant de cuisiner. Et pareillement, sans l’anxiété, votre chat ne sursauterait jamais de façon exagérée en se détournant de son bol de nourriture pour y découvrir un concombre…quel dommage (si la référence vous fait sourciller, je vous suggère de Googler « chat et concombre ») !

Plus sérieusement : l’anxiété est le système d’alarme de votre organisme. C’est un puissant avertissement qui vous permet de mettre en place les actions nécessaires pour vous sortir des situations potentiellement dangereuses pour votre survie.

 

Évidemment, de par les nombreuses différences interindividuelles qui nous distinguent (différences génétiques, environnementales et liées à l’histoire personnelle de chacun), certaines personnes ressentent vraisemblablement plus facilement d’anxiété que d’autres, y sont plus sensibles ou éprouvent des symptômes anxieux d’intensité plus sévère. Une personne qui vit un stress intense au travail (ou dans ses études) depuis une période de temps prolongée risque de ressentir au quotidien plus d’anxiété que si elle était bien établie dans une routine confortable. Les gens provenant de familles où les individus sont anxieux ont tendance à, comme leurs proches, être plus sensibles à l’anxiété que la moyenne. On sait également que les gens qui ont subi des expériences plus difficiles ou traumatisantes, à l’enfance, sont également plus susceptibles de ressentir l’anxiété, une fois à l’adolescence ou à l’âge adulte.

 

Ceci dit, bien qu’on ressente tous l’anxiété et que nous soyons tous différents, quant à notre manière intime de la ressentir, tout le monde n’a pas nécessairement besoin de consulter pour une problématique liée à cette émotion. Pourtant, l’anxiété est l’un des (sinon LE) motifs de consultation les plus souvent cités pour consulter en psychothérapie.

 

Anxiété, santé mentale et statistiques

 

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Afin d’établir le caractère pathologique de l’anxiété, un critère communément utilisé est de déterminer si la réponse comportementale émise par la personne qui ressent de l’anxiété est exagérée face à la source de celle-ci (par exemple, s’enfuir en hurlant et en pleurant à la vue d’une fourmi, au risque de se blesser en le faisant), ou si l’anxiété génère chez la personne une altération du fonctionnement (être très affecté dans une sphère de sa vie, par exemple, incapable d’accomplir ses tâches ménagères, ses études, son travail, ses responsabilités familiales, etc.) ou cause une souffrance significative. Au niveau diagnostic, l’anxiété peut prendre diverses formes : trouble obsessionnel-compulsif, stress post-traumatique, anxiété généralisée, phobies, anxiété sociale, trouble panique, agoraphobie. Ces étiquettes étaient toutes jadis regroupées sous la catégorie « Troubles anxieux » du DSM-IV. Je reviendrai plus précisément sur leur signification dans un article ultérieur.

 

En 2005, la réplication du sondage national des comorbidités du National Institute of Mental Health, aux États-Unis, a permis d’estimer que, sur une période d’un an, 18,1% de la population adulte du pays souffrait d’un trouble anxieux officiellement diagnostiqué. On estime par ailleurs que, sur la durée de vie totale d’une personne, 28,8% de la population des États-Unis en viendra à recevoir, à un moment ou un autre, un diagnostic de trouble anxieux. C’est plus d’une personne sur quatre et on estime que l’âge moyen d’apparition des premiers symptômes de trouble anxieux est d’onze ans.

 

Notez également que ces statistiques concernent les gens qui ont officiellement reçu un diagnostic. Plusieurs individus ressentent probablement tous les symptômes d’un trouble anxieux, sans nécessairement avoir rencontré un professionnel de la santé mentale qui leur a posé le diagnostic. Par ailleurs, plusieurs personnes souffrent aussi intensément d’anxiété, qui peut lourdement affecter leur fonctionnement et leur qualité de vie, mais ne pas pouvoir recevoir de diagnostic, parce que leur symptomatologie ne leur permet pas d’entrer dans une catégorie diagnostique précise (à cet effet, revoyez mon article sur la dépression majeure pour des exemples plus clairs). Ils reçoivent alors un diagnostic dit « générique » de trouble anxieux non-défini, qui n’est généralement pas comptabilisé dans les statistiques officielles. Ces éléments font donc en sorte que les statistiques sous-estiment probablement le nombre réel d’individus souffrant d’anxiété.

 

On considère parfois d’autres troubles comme traduisant, chez quelqu’un, une gestion inadéquate de l’anxiété, pensons entre autres à certaines compulsions (trichotillomanie ou dermatillomanie ; c’est-à-dire la tendance à s’arracher compulsivement des poils ou des bouts de peau), certaines dépendances (dont le jeu compulsif ou « gambling « ), la présence de troubles alimentaires (anorexie ou boulimie) et j’en passe. J’en passe, en fait, beaucoup ! Bref, il est excessivement facile de se perdre dans le dédale diagnostic que représente « l’anxiété pathologique ». Qui plus est, les troubles présentés dans ce paragraphe n’étaient pas inclus dans les statistiques précédentes sur les taux de prévalence des troubles anxieux, car ils n’étaient pas classifiés dans la catégorie des troubles anxieux du DSM-IV, à l’époque des sondages nationaux aux USA. Notez qu’ils ne le sont pas plus aujourd’hui, dans le DSM-5.

 

Malgré tout, de tous les troubles en santé mentale, les troubles anxieux semblent être les plus répandus dans la population, suivis des troubles de l’humeur (dépression majeure, dysthymie, trouble bipolaire), en très peu enviable « deuxième position », avec leur prévalence de 9,5% sur un an, presque la moitié des troubles anxieux !  Et c’est sans compter les comorbidités…

 

Comorbidités

 

C’est quoi, ça, des comorbidités ? Outre que le mot fait vraiment peur, la première fois qu’on le lit, la comorbidité réfère à la présence de plus d’un trouble, ou plus d’une condition diagnostiquée, en même temps, chez une même personne. Et il s’avère que les troubles anxieux sont, d’abord, fréquemment comorbides entre eux (une personne se présente très souvent en traitement en étant affligée de plus d’un trouble anxieux à la fois ; par exemple, un trouble panique et un trouble d’anxiété sociale) et ensuite, souvent comorbides avec d’autres difficultés en santé mentale (par exemple, un stress post-traumatique et un épisode dépressif majeur) !

 

Tout d’abord, selon une étude menée aux Pays-Bas, 67% des individus souffrant d’un trouble de l’humeur (comme la dépression majeure, la dysthymie ou le trouble bipolaire) souffrent d’un trouble anxieux comorbide et 75% affirment en avoir déjà eu un. Chez les individus atteints d’un trouble anxieux, ce sont 63% qui souffrent également d’un trouble de l’humeur comorbide, pour 81% qui révèlent en avoir déjà eu un. Comparativement aux personnes atteintes d’un seul trouble, celles présentant des comorbidités sont généralement plus susceptibles de développer d’autres troubles, présentent des symptômes plus sévères et souffrent de ceux-ci depuis plus longtemps. On constate donc que dans plus de la moitié des cas, les gens présentant un trouble anxieux ont un trouble de l’humeur comorbide, et vice-versa. En outre, la comorbidité s’avère souvent un prédicteur d’incapacité à travailler, ce qui peut représenter un bon argument pour aller chercher de l’aide.

 

Entre un tiers et la moitié des patients traités pour alcoolisme en Angleterre souffrent ou présentent un historique de trouble anxieux et dans certains échantillons de patients alcooliques, près de 60% présentent des symptômes importants d’anxiété. Certaines données laissent croire qu’un phénomène d’auto-médicamentation serait fréquent ; certains des gens souffrant d’anxiété intense tenteraient de réduire l’intensité de leurs symptômes en buvant. Ceci risquerait de conduire à des excès, à long terme. Potentiellement, aussi, à l’alcoolisme. Ainsi, il n’est pas rare, non plus, de constater que des clients en thérapie souffrent, en plus d’un trouble anxieux, de certains troubles de la personnalité, de troubles alimentaires, de dysfonctions sexuelles, d’insomnie et de diverses autres formes de problèmes de santé mentale.

 

Ça nous ramène donc au fait que l’anxiété est pratiquement omniprésente, dans le travail d’un psychologue clinicien ! Maintenant, qu’est-ce qui fait que certaines personnes développent des troubles anxieux, et pas d’autres ? Qu’est-ce qui distingue les différentes formes d’anxiété problématique ? Comment se fait-il que, malgré tous ses efforts, une personne sente constamment plus anxieuse que par le passé ? Et que puis-je faire pour améliorer ma condition, si elle est en voie de devenir insupportable (ou si elle l’est déjà !) ? À suivre dans mes prochains articles qui viseront, eux aussi, à démystifier le phénomène de l’anxiété !

 

Dr Francis Lemay, Ph.D.

Psychologue

www.psydeploiement.com

 

Inspirations :

Les statistiques et définitions présentées dans cet article ont été tirées de ma thèse de doctorat, disponible gratuitement et dans son entièreté ici :

http://theses.ulaval.ca/archimede/meta/30482

 

Les principaux articles scientifiques desquels j’ai puisé mes informations sont les suivants :

 

American Psychiatric Association (2002). DSM-IV TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, texte révisé. Paris: Elsevier Masson.

 

Cattell, R. B., & Scheier, I. H. (1958). The Nature of Anxiety: A Review of Thirteen Multivariate Analyses Comprising 814 Variables. Psychological Reports, 4, 351-388.

 

Connor, K. M., & Davidson, J. R. (1998). Generalized anxiety disorder: neurobiological and pharmacotherapeutic perspectives. Biol Psychiatry, 44(12), 1286-1294.

 

Hofmeijer-Sevink, M. K., Batelaan, N. M., van Megen, H. J., Penninx, B. W., Cath, D. C., van den Hout, M. A., et al. (2012). Clinical relevance of comorbidity in anxiety disorders: a report from the Netherlands Study of Depression and Anxiety (NESDA). J Affect Disord, 137(1-3), 106-112.

 

Kessler, R. C., Chiu, W. T., Demler, O., Merikangas, K. R., & Walters, E. E. (2005). Prevalence, severity, and comorbidity of 12-month DSM-IV disorders in the National Comorbidity Survey Replication. Arch Gen Psychiatry, 62(6), 617-627.

 

Lamers, F., van Oppen, P., Comijs, H. C., Smit, J. H., Spinhoven, P., van Balkom, A. J., et al. (2011). Comorbidity patterns of anxiety and depressive disorders in a large cohort study: the Netherlands Study of Depression and Anxiety (NESDA). J Clin Psychiatry, 72(3), 341-348.

 

Reis, R. K. (1989). Alcoholism and Anxiety. In P. Roy-Byrne (Ed.), Anxiety: New Findings for the Clinician (pp. 121-148). Washington, DC: American Psychiatric Press, Inc.

 

Shekhar, A., Truitt, W., Rainnie, D., & Sajdyk, T. (2005). Role of stress, corticotrophin releasing factor (CRF) and amygdala plasticity in chronic anxiety. Stress, 8(4), 209-219.

 

Stockwell, T., Hodgson, R., & Rankin, H. (1982). Tension reduction and the effects of prolonged alcohol consumption. Br J Addict, 77(1), 65-73.

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Démystifions l’anxiété (première partie)

Insomnie, conditionnement et cohérence cardiaque

Présentation

Bonjour à vous, adeptes du blogue de Dr Francis Lemay, Ph.D. Je suis Dre Emmanuelle Bastille-Denis, psychologue et fondatrice du Centre de traitement de l’insomnie. Je suis vraiment heureuse de vous partager le présent article en tant que blogueuse-invitée ! Cet article s’inscrit dans une collaboration que Dr Lemay et moi avons voulu entreprendre dans le but de partager certains concepts de psychologie dans un langage accessible et imagé. En espérant que notre enthousiasme envers ce domaine passionnant sera contagieux ! Bonne lecture et… bon sommeil !

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Une histoire de conditionnement

Vous vous souvenez ce premier amour que vous avez vécu à l’adolescence ? Cette période de légèreté et d’effervescence où vous avez ressenti vos premières étincelles. Cette période qui s’est malheureusement terminée de façon abrupte lorsque votre bien-aimé vous a annoncé qu’il vous quittait prétextant que son équipe de hockey lui prenait trop de temps. Vous vous souvenez également de la chanson qui jouait en boucle à la radio lors des semaines qui ont suivies. Chaque fois que vous entendiez les premiers accords de cette chanson, les émotions négatives liées à la rupture étaient ravivées. Peut-être même qu’encore aujourd’hui, vous ressentez un inconfort et un soupçon de tristesse/nostalgie à entendre le refrain de cette chanson. Pourquoi ? Vous me voyez sans doute venir. Notre cerveau est doté d’une habileté intéressante : il crée des associations. Dans la situation précédente, il a créé l’association « chanson de Bon Jovi = tristesse » (me voilà qui trahis mon âge via le choix de cette chanson !). Ces associations sont ensuite entretenues et alimentées par une panoplie de comportements et façon de penser. En psychologie, nous nommons ce concept le conditionnement.

Le sommeil n’y fait pas exception. Il m’est donné fréquemment d’entendre mes patients dire qu’ils ont perdu le goût d’aller dormir. Ceux-ci me disent qu’auparavant, le moment du coucher était pourtant vécu comme quelque chose de fort agréable. Puis, après l’apparition des difficultés de sommeil, le moment du coucher est devenu synonyme d’éveil, de frustration (« ce n’est pas normal que je sois éveillé alors qu’avant, tout allait bien ! ») et d’anxiété de performance (« je dois dormir, sans quoi demain sera un vrai cauchemar ! »).  Avec une succession de mauvaises nuits de sommeil, leur cerveau a créé l’association « lit/chambre = éveil et émotions négatives ».

Deux autres choses qu’on me rapporte fréquemment : « Je ne comprends pas ! Lorsque je suis en visite chez quelqu’un, je dors étonnamment mieux que chez moi ! » et « Lorsque je suis assis sur le sofa devant la télévision, je m’endors avec une facilité désarmante ! ». Ces phénomènes sont fréquents chez les gens qui souffrent de difficultés de sommeil. Le premier est explicable par le fait que la chambre d’invités du beau-frère n’a pas été associée aux difficultés de sommeil. Il s’agit d’un lieu où vous allez trop peu souvent pour que votre cerveau s’entraîne et crée une association. Le sofa est quant à lui souvent utilisé comme lieu pour relaxer avant l’heure du coucher. Ayant une dette de sommeil, il est fréquent de voir des gens qui vont profiter de la somnolence qui survient pour s’offrir un preview de leur nuit de sommeil. Une association de type « sofa = sommeil » se crée ainsi. Le problème est que la tâche première du sofa n’est pas de vous permettre de dormir ! Qu’il laisse donc cette fonction à votre lit !

 

Renverser la vapeur

Comment se sort-on de ce cycle me demanderez-vous. Il s’agit de remplacer l’association négative par une autre qui soit plus saine. L’outil que je donne systématiquement à tous les gens qui viennent me consulter est la cohérence cardiaque. Il s’agit d’une forme de relaxation guidée qui permet d’abaisser le niveau d’activation. Lorsque réalisé avant l’heure du coucher, cet exercice permet de mettre en place les conditions favorables à faire survenir le sommeil. Ainsi, lorsque la personne ira au lit, ses chances de trouver le sommeil rapidement en seront augmentées et ceci contribuera à ramener une association « lit = sommeil ».

 

La base de la cohérence cardiaque

Pour retirer toute l’efficacité de cette technique, je vous conseille de télécharger une application sur votre téléphone intelligent (Respi relax est celle que j’utilise personnellement). Ensuite, je vous invite à vous réserver trois moments dans la journée où vous prendrez le temps de relaxer et de réaliser la cohérence cardiaque. Choisissez un endroit calme, paisible où vous aimez vous retrouver pour réaliser l’exercice. Le but étant que votre cerveau comprenne que lorsque vous réaliser la cohérence cardiaque, vous êtes dans un état de bien-être et de relaxation. Une association positive sera ainsi créée.

 

La cohérence cardiaque appliquée au sommeil

Pour ceux qui vivent de mauvaises nuits de façon occasionnelle, cette technique pourra ensuite être réalisée de façon ponctuelle lorsque vous éprouvez des difficultés à dormir. Plutôt que de demeurer dans votre lit à chercher le sommeil, levez-vous et allez faire de la cohérence cardiaque dans une pièce de la maison où vous êtes confortable. La somnolence devrait alors revenir et vous donner la possibilité de retourner au lit pour trouver le sommeil.

Pour ceux qui sont aux prises avec de l’insomnie chronique, je vous conseille fortement d’intégrer la cohérence cardiaque à votre routine avant le coucher. Il convient également d’éviter de créer des associations entre toute autre pièce ou endroit de la maison et le sommeil. Rappelez-vous l’équation à rechercher : lit = sommeil !

Souvenez-vous qu’une association est créée à la suite d’une répétition. Ainsi, il faut parfois faire preuve de patience lorsqu’on remplace une association par une autre.

Sur ce, je vous souhaite un bon sommeil !

 

Dre Emmanuelle Bastille-Denis, Ph.D.

Psychologue

Centre de traitement de l’insomnie

 

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Inspirations :

Morin, C. M. (2009). Vaincre les ennemis du sommeil. Montréal: Les Éditions de l’Homme.

 

Boivin, D. B. (2012). Le sommeil et vous: mieux dormir, mieux vivre. Montréal : Les Éditions du Trécarré.

Insomnie, conditionnement et cohérence cardiaque

Défusion cognitive

Bonjour lecteurs. Mon plus récent article est en ligne, mais pas ici! Il est en fait sur le site web du Centre de traitement de l’insomnie – CTI. Il porte sur la défusion cognitive, un processus servant à développer une saine distance entre une personne et son activité mentale. Je vous suggère fortement de vous rendre sur le site web du CTI et d’y jeter un coup d’oeil.

 

Dre Emmanuelle Bastille-Denis (du CTI) et moi-même avons pris l’initiative, en début d’année, de collaborer à nos blogues respectifs. Elle a fait sa thèse de doctorat dans le très réputé laboratoire du Dr Charles Morin, à l’Université Laval, et a récemment fondé sa clinique pour aider les gens souffrant de troubles du sommeil et d’autres difficultés connexes, à quelques pas des ponts, à Québec.

Elle publiera prochainement un article sur mon blogue, ici-même. Je vous suggère donc de revenir bientôt pour son article-invité, qui risque de porter sur le thème de…l’insomnie…qui sait?

Au plaisir de vous la faire découvrir!

Dr Francis Lemay, Ph.D.

Psychologue

http://www.psydeploiement.com

Défusion cognitive